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Stratégie 5 min de lecture

Publié d'abord le , révisé le

Cessez de vous noyer dans les données

Rédigé parPamimo Akinjide

Plus d'indicateurs mènent généralement à de moins bonnes décisions. Comment élaguer un tableau de bord avec une seule question : si ce chiffre baisse, que ferez-vous?

L'illusion du contrôle

À l'ère du stockage bon marché et des outils d'intelligence d'affaires faciles à utiliser, la plupart des organisations souffrent d'une forme d'obésité de données. Elles mesurent tout parce qu'elles le peuvent, pas parce qu'elles le devraient, et elles bâtissent des tableaux de bord de quarante graphiques en se disant que tout voir revient à tout contrôler.

La réalité va dans l'autre sens. Quand tout est prioritaire, rien ne l'est. Un tableau de bord de quarante indicateurs n'est pas un outil. C'est une salle de panique.

Le coût de la charge cognitive

Chaque indicateur supplémentaire sur un tableau de bord puise dans l'attention de la personne qui doit prendre une décision. S'il faut cinq minutes, dans une réunion de direction du lundi matin, pour trouver quel chiffre compte vraiment, le tableau de bord a déjà échoué. Une donnée n'est utile que si elle réduit l'incertitude et mène à l'action. Un indicateur qui n'aide pas à choisir entre l'option A et l'option B est, à toutes fins pratiques, du bruit.

J'ai travaillé avec des dirigeants du secteur public de l'Ouest canadien qui suivaient plus de soixante indicateurs de performance pour un seul plan stratégique. Quand nous leur avons demandé lesquels ils consultaient réellement avant de prendre une décision budgétaire, la réponse était trois. Le reste était du théâtre de conformité.

Le test du « et alors? »

Dans nos ateliers de conception de tableaux de bord, nous demandons aux dirigeants de jouer à un jeu. Pour chaque indicateur qu'ils veulent sur le tableau principal, ils doivent répondre à une question : si ce chiffre baisse de dix pour cent la semaine prochaine, quelle décision précise prendrez-vous?

Si la réponse est « je serais inquiet » ou « je demanderais à quelqu'un d'y regarder », l'indicateur n'est pas un indicateur clé de performance. C'est un diagnostic, et sa place est en annexe plutôt que dans le sommaire exécutif. Les vrais indicateurs clés déclenchent des réponses précises, convenues d'avance. Les diagnostics déclenchent une enquête. Les deux sont utiles, mais ce n'est pas la même chose et ils ne devraient pas partager le même écran.

Trois paliers plutôt qu'un mur

Pour reprendre le contrôle, structurez les rapports en trois vues distinctes. La vue de direction, le pouls de l'organisation, tient en trois à cinq indicateurs qui définissent sa santé. Ce sont généralement des indicateurs retardés, comme les revenus, les flux de trésorerie disponibles, la rétention ou la satisfaction, et un chef de la direction qui les revoit chaque semaine devrait pouvoir en saisir la tendance en moins de quatre-vingt-dix secondes. La vue opérationnelle tient les leviers : les mesures que les équipes peuvent influencer aujourd'hui, comme les appels de vente effectués, les billets de soutien fermés, la disponibilité maintenue ou les demandes de subvention déposées. C'est là que vivent les directeurs. La vue diagnostique tient les données profondes qu'on n'utilise que lorsqu'un indicateur de premier palier passe au rouge. Elle s'adresse aux analystes, consultée sur demande plutôt que diffusée chaque semaine.

Tailler le jardin

Y arriver demande une certaine impitoyabilité. Les indicateurs de vanité, comme les mentions « j'aime », les pages vues et le total de personnes atteintes, sont rarement corrélés à un impact réel; suivez donc la conversion plutôt que l'exposition. Un chef des finances n'a pas besoin des mêmes chiffres qu'un directeur de programme, et un seul tableau de bord ne peut pas servir les deux; concevez donc par rôle. Et préférez les ratios aux décomptes bruts : mille participants ne disent rien sans contexte, alors que le coût par participant, les revenus par équivalent temps plein et le taux de conversion vous disent si vous êtes efficaces.

Le signal, pas le volume

Les données ne sont pas la stratégie. Les données sont la preuve qui sert à ajuster la stratégie. Si un tableau de bord ne change pas les comportements, si c'est quelque chose qu'on regarde d'un œil dans une réunion du lundi et qu'on ignore ensuite, c'est du papier peint. Les meilleurs dirigeants avec qui j'ai travaillé au Canada n'ont pas plus de données que leurs pairs. Ils en ont moins. Ce qu'ils ont, c'est du signal.